Tradition et nouveaux courants dans le Flamenco

¿ Sont-ils des concepts opposés, exclusifs, ou, plutôt, impliquent-ils l'un à l'autre ? 

Le Flamenco "Classique" et le "Nouveau Flamenco" ont réparti un certain début d’affrontement , mais il semble que chaque année qui passe ils s'approchent plus entre eux.

Le style particulier du chant de la "voix flamande", le style original du son de la guitare, avec sa combinaison propre et son accompagnement harmonique, héritier d’une certaine "intuition populaire" avec procédés de technique classique, le type de dialogue qui établit entre une voix et une guitare, ce sont des éléments qui, à un niveau de vocabulaire sonore, peuvent se considérer comme propres d’un certain style qui est devenu classique dans le Flamenco depuis longtemps.

Les années 60: ¿Revalorization ou anquilosamiento? 


Maintenant c’est bien de distinguer entre les virtualités du bon « Flamenco classique », et de sa mythification. Parce qu’une certaine mythification d’un style interpretatif concret, unit à une série de symptômes d'anquilosamiento est ce que l'on peut détecter dans les années immédiatement antérieures à l'irruption (qui a été un peu belligérante) du nouveaux flamencos. Les années 60-70 sont le cadre dans lequel il surgira, le phénomène du Nouveau Flamenco.

En effet, dans ces années le Flamenco semblait montrer des symptômes d'étanchement et se diriger vers une impasse dangereuse. Il s'était rendu à l'absurdité d'évaluer comme "pas authentique" toute nouvelle proposition, pour minimalement nouvelle que c’était. Dans les concours, on récompensait l'abondance simple fidèle des styles des anciens maîtres, qui passaient pour de bons modèles. Cela importait plus que l'art, le lutin, le chant populaire avec sentiment, l'apport personnel, la capacité d’avoir une connexion avec le public.

S'écarter légèrement des patrons reconnus, c’était être condamné à l'échec. N'importe quel jeune chanteur qui innovera, bien qu’en dehors dans la terminaison d'un tiers, dans une simple cadence, il pouvait être accusé d'ignorance, « pour ne pas connaître l’art des grands maîtres ». Ce qui pouvait donner une touche en plus à une carrière artistique. La tyrannie des "orthodoxes". Les jurys des concours, jouaient le rôle des gardiens jaloux d'une "tradition" qui en réalité il faut qualifier de néotradicionalisme.

Le concept "Nouveau Flamenco" est suffisamment ample comme pour sembler un peu ambigu. Il faudrait aussi distinguer entre les propositions de chanteurs qui, bien qu'insérés dans la tradition flamande la plus classique flamande, étaient des propositions "rénovatrices" (comme c'est le cas d'un Enrique Morente, qui ne l’étaient pas initialement par le métissage de styles mais plutôt par l'innovation), et les propositions les plus radicales, plus en ligne avec les nouvelles tendances de métissage étendues à partir de la décennie des 80 à niveau international. Des propositions que nous pouvons appeler fusion, bien que de quelque sorte timides, elles s’observaient déjà dans la décennie des 60.

On a l'habitude de citer comme borne Paco de Lucía et à son enregistrement, en 1967 avec Pedro Iturralde, du disque "Flamenco Jazz". Dans la décennie des 70 les exemples de Flamenco fusion sont encore isolés, mais croissent. Les enregistrements de Raimundo et Rafael Amador avec Kiko Veneno, certains les ont considérés comme le composant rock déterminé à user de la « provocation » que le mouvement nécessitait pour échapper à l’orthodoxie et de se rapprocher des nouvelles générations.

Bien sûr qui cela supposait laisser derrière des expériences des débuts des 70 qui comme "Achilipú" de Dolores Vargas, ou les chansons des Grecques (le gipsy rock de "Te estoy amando locamente"), personne n'a osé la qualifier comme une vraie alternative de fusion. Mais c’est dans la décennie des 80 quand on pouvait déjà parler du nouveau Flamenco, dans lequel irrumpen avec force, les groupes. Dans la sonorité flamande plus hétérodoxe, seraient entrés avec force les groupes instrumentaux (formant presque toujours un ensemble avec la guitarre irremplaçable.
Depuis le fameux thème “Entre dos aguas” que Paco de Lucía enregistrait l’année 1975, en mots de Norberto Torres « nous trouvons comme dans un germe que ce sont les éléments essentiels du groupe flamand : une percussion (bongos pour la rumba), une guitare rythmique et sous électrique ".

Le groupe flamand peut être vu comme le dépassement - ou pour mieux dire, une alternative - du duo classique de chanteur et joueur.

 

 


 


Durant une période la flamencologie officielle qualifia ces expériences comme expérimentalisme sans futur et a auguré une disparition prompte. Plusieurs ont affirmé que son essor pourrait donner une touchette au Flamenco pris pour classique, et qu'au fil des dictées de la mode et du marketing, le vrai Flamenco pourrait affaiblir. Certains ont vu dans les nouvelles expériences, de nouvelles possibilités de rénovation pour le Flamenco. Parce qu’ils ne le voyaient pas nécessaire.

Actuellement, ¿ Est-ce que le Flamenco a toujours été ce monde statique, saisi à la tradition à laquelle plusieurs théoriciens prétendaient? On pourrait dire que le renouvellement, l'échange, l'évolution, ont été constants dans l'histoire du Flamenco. Une exception faite, peut-être, des années immédiatement antérieures à l'irruption du Nouveau Flamenco. Et si celui-ci né belligérant, a découlé en partie de ce traditionalisme qui a contenu l'innovation. Jusqu'à ce qu’elle se jette au dessus.

Chaque fois il semble plus clair que le Flamenco, au moins durant tout le XIXe siècle, ce n'était pas un art statique mais changeant et dans l'évolution constante qui depuis très tôt a voulu être définie par quelques théoriciens, a ceux qui leur escapa sa richesse multiforme et variété. Le Flamenco au moins jusqu’aux années 40 de ce siècle a tout le temps été une amalgame de spectacles de nature rénovatrice.

Le concept de la tradition que nous avons trouvé dans toute cette époque du Flamenco (1840-1940) ne fut jamais reniée avec celui de l’innovation, plutôt bienl’incluait comme quelque chose propre. Sans l’innovation, le Flamenco n’aurait ni donné son pas fondamental au scénario et à la professionalisation, ni existé dans sa forme actuelle presque aucune des formes musicales que les propres flamencologues maintenaient comme pures. Le Flamenco dans sa version purement sonore se montre depuis toujours comme une musique en évolution et enrichissement constant. De même qu’en spectacle et dans ses manières de représentation.

L’innovation comme rénovatrice de la tradition.

L’idée de la conservation a inflencé l’évolution du Flamenco. En effet, la conservation a peu de chose à voir avec la tradition. Celle-ci personne ne l’impose dans le Flamenco, sinon qu’elle se récrée au fil des apports singuliers. L’idée de conservation est  plutôt un montage intellectuel. La création d’une littérature à la charge des intellectuels n’a pas été étrangère au procédé de fixation que le Flamenco a souffert durant des siècles.

Les sistèmes musicaux sont fondamentalement ouverts, mais se ferment artificiellement quand des groupes sociaux concrets s’appropirnt d’eux à fin de démarquer des territoires d’identité.

Le Nouveau Flamenco, pour provenir d’une société plus ouverte aux tendances globales à niveau mondial, reflèterait les procédés de métissage qui depuis la décennie des 80 s’observe en proportion croissante dans les sujets musicaux, quand les musiques traditionnelles cesseront peu à peu d’être liées aux entités locales, nationales ou raciales et commenceront, en effet, à circuler dans une amalgame globale de styles, discours et expériences musicales.
Ces tendances se font    aujourd’hui, quand plusieurs des nouveaux flamencos actueles, en plus d’avoir reçu des offres économiques interessantes de quelques maisons discográficas, font du flamenco-fusion parce qu’étant flamencos par formation depuis très petits, se sont aussi formés dans d’autres codes musicaux dans le monde du rock, du pop et du jazz, de la samba brasilienne, la salsa et autres musiques. Aiment la camomille, les échecs mais aussi le whisky.

Quelle que soit la valoration qui se fair du Nouveau Flamenco, et évidemment l’opportunité ou nom du terme, ce qui est sûr c’est que le Flamenco a cessé d’être un phénomène minoritaire dans le monde du spectacle en Espagne.